Cantiques pour la route vers la demeure de l’Eternel (8)


Psaume 127

Cantique pour la route vers la demeure de l’Eternel. De Salomon.

1 Si l’Eternel |ne bâtit la maison, en vain les bâtisseurs travaillent. Si l’Eternel |ne garde pas la ville, en vain la sentinelle veille. Oui, il est vain |de vous lever très tôt |et de vous coucher tard, et de vous donner tant de peine |pour gagner votre pain. Car Dieu en donne autant |à ceux qui lui sont chers |pendant qu’ils dorment.

Des fils : |voilà le patrimoine |que donne l’Eternel, oui, des enfants |sont une récompense. Ils sont pareils aux flèches |dans la main d’un guerrier, les fils de la jeunesse. Heureux est l’homme |dont le carquois en est rempli ! Il ne connaîtra pas la honte lorsqu’il entrera en contestation |avec son adversaire |aux portes de la ville.


Il était 5h30 du matin. Il faisait noir. Je descendais l'escalier en lisant un texto d'un autre pasteur sur mon portable. Du coup je n'ai pas remarqué le K-way qu'un des enfants avait laissé dans l'escalier. J'ai fini en bas par terre avec une grosse douleur à la hanche et une tête qui tournait. Dans les minutes suivantes, je me suis évanoui deux fois au salon avant de remonter l'escalier comme un enfant de bas âge pour regagner mon lit. J'ai dormi deux jours sans arrêt, sauf pour une petite sortie pour aller voir le médecin. J'ai dû annuler tous mes rendez-vous et engagements et j'ai mis une semaine à bien m'en rétablir. Qu'est-ce qui s'était passé ? Deux choses : 1) Je lisais un texto à 5h30 du matin, parce que je pensais que tout dépendait de moi. Plutôt que de commencer ma journée en creusant dans la parole de Dieu et en passant du temps dans la prière, je m'étais lancé tout de suite dans l'activité : lire mes textos, voir mes e-mails, répondre aux messages. J'avais commencé à croire que tout dépendait de moi. 2) J'étais déjà crevé. Si j'ai dormi deux jours sans arrêt, c'est parce que j'étais déjà épuise : la chute dans l'escalier n'a fait que révéler la réalité des choses. J'avais rempli mon agenda à craquer, j'avais agi comme si l'avenir de l'église, l'avenir de ma famille et l'avenir du monde dépendaient de mon activité. Je dormais trop peu, et je me reposais rarement. Et cette chute dans l'escalier était la claque que Dieu m'avait envoyée pour m'apprendre quelque chose de très important : que ça ne dépend nullement de moi, et entièrement de lui. Le Psaume 127 est un psaume de Salomon. C'est un "cantique pour la route vers la demeure de l'Eternel" (v1). Salomon chantait ce chant en regardant vers le temple qu'il avait lui-même fait bâtir au cœur de la ville de Jérusalem.  En s'approchant de la ville et du temple, Salomon aurait donc bien pu dire : « Regardez le temple que j'ai bâti ! J'ai fait bosser les bâtisseurs, j'ai fait garder la ville, je me suis levé tôt, je me suis couché tard, je me suis donné tant de peine pour faire construire cet édifice impressionnant. Voilà ce qu'un peu de travail et un peu d'initiative humaine peut accomplir ! » Mais Salomon ne dit pas ça. En regardant ce temple glorieux, il dit : Si l’Eternel ne bâtit la maison, en vain les bâtisseurs travaillent. Si l’Eternel ne garde pas la ville, en vain la sentinelle veille. 2 Oui, il est vain de vous lever très tôt et de vous coucher tard, et de vous donner tant de peine pour gagner votre pain. Car Dieu en donne autant à ceux qui lui sont chers pendant qu’ils dorment. En regardant cette ville devant lui et le temple où demeure l'Eternel, Salomon reconnait que, si cette ville a pu être bâtie et ce temple construit, c'est entièrement grâce à Dieu. Oui, Salomon a travaillé dur : 1 Rois 6 raconte la grande échelle de l'œuvre de construction entreprise par Salomon et ses ouvriers. Mais « si l'Eternel ne bâtit la maison, en vain les bâtisseurs travaillent » (v2). Il travaille, mais il sait qu'il n'a pas besoin de s'épuiser en se levant tôt et en se couchant tard - il peut se reposer et dormir, car il sait que « Dieu en donne autant à ceux qui lui sont chers pendant qu’ils dorment. » Et c'est pareil pour nous. Pourquoi vivons-nous souvent comment des fous, en train de courir partout pour réussir nos vies ? Parce que nous pensons que tout dépend de nous ! Nous doutons de l'amour de Dieu, nous doutons de ses capacités, et nous pensons que nous devons gagner son amour, gagner l'approbation des autres, bâtir nos vies nous-mêmes, être dieu de notre propre vie. Nous nous levons tôt et nous nous couchons tard. Nous nous épuisons. Et tout ça pour rien : c'est « en vain » ! Mais quand on sait que ça ne dépend pas de nous, mais de Dieu - et que nous lui sommes chers - on travaille pour sa gloire, et puis on se repose dans son amour. On dort, confiants qu'il va pourvoir tout ce qu'il faut pour réussir tous ses projets. Et la promesse ? Salomon le dit aux vv3-5 : 3 Des fils  : voilà le patrimoine que donne l’Eternel, oui, des enfants sont une récompense. 4 Ils sont pareils aux flèches dans la main d’un guerrier, les fils de la jeunesse. 5 Heureux est l’homme dont le carquois en est rempli  ! Il ne connaîtra pas la honte lorsqu’il entrera en contestation avec son adversaire aux portes de la ville. Sous l'ancienne alliance, le fait d'avoir beaucoup d'enfants était un signe de la bénédiction de Dieu : c'était comme ça qu'on pouvait être fructueux en faisant grandir le peuple de Dieu pour la gloire. Le message ? Quand le peuple de Dieu se repose dans l'amour et la puissance de Dieu, Dieu le bénit et le rend fructueux pour sa gloire ! Aujourd'hui sous la nouvelle alliance en Christ, ce n'est pas en ayant des enfants que nous portons du fruit pour Dieu (même si le fait d'avoir des enfants est une grande bénédiction et une façon magnifique de le servir) : nous portons du fruit en étant changés par l'Esprit pour

  • produire le fruit de l'Esprit (Galates 5,22-23) en tant qu'église, et

  • pour faire des disciples de Jésus qui en feront d'autres (Matthieu 28,16-20).

Quelle est la promesse pour nous alors ? Plus nous nous reposons dans la puissance et l'amour de Dieu, plus nous porterons du fruit pour Dieu. Ce n'est pas par nos efforts frénétiques en tant qu'église ou en tant qu'individus que Dieu fera grandir son royaume dans nos vies, mais par une confiance grandissante en Dieu qui nous pousse à travailler dur et à nous reposer entièrement en lui et dans ses promesses glorieuses pour nous.  Comme le dit Jésus... « Je suis le cep de la vigne, vous en êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, portera du fruit en abondance, car sans moi, vous ne pouvez rien faire. 6 Si quelqu’un ne demeure pas en moi, on le jette hors du vignoble, comme les sarments coupés : ils se dessèchent, puis on les ramasse, on y met le feu et ils brûlent. 7 Mais si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, vous l’obtiendrez. 8 Si vous produisez du fruit en abondance et que vous prouvez ainsi que vous êtes vraiment mes disciples, mon Père sera glorifié aux yeux de tous. » Jean 15,5-8

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