Les 5 piliers de la foi chrétienne : (3) La fraction du pain

Deux questions pour commencer :

  1. Qu'est-ce qui changerait pour toi si, après le confinement, on ne reprenait pas notre célébration la Sainte Cène en tant qu'église ? Quel impact cela aurait-il sur notre vie d'église ? Et sur ta relation personnelle avec Jésus ?

  2. Qu'est-ce qui changerait pour toi si, après le confinement, on ne reprenait pas nos temps de chants en tant qu'église ? Quel impact cela aurait-il sur notre vie d'église ? Et sur ta relation personnelle avec Jésus ?

Je pense que, pour la plupart d'entre nous, on peut répondre beaucoup plus facilement à la deuxième question qu'à la première : pour être francs, nous sommes souvent un petit peu indifférents par rapport à la célébration de la Saint Cène ! Et pourtant, pour les apôtres et pour l'église primitive la célébration de la Sainte Cène était d'une importance capitale pour la vie de l'église et pour leur cie chrétienne : qu'est-ce qu'on a loupé de nos jours ?


« 41 Ceux qui acceptèrent les paroles de Pierre se firent baptiser et, ce jour-là, environ trois mille personnes furent ajoutées au nombre des croyants. 42 Dès lors, ils s’attachaient à écouter assidûment l’enseignement des apôtres, à vivre en communion les uns avec les autres, à rompre le pain et à prier ensemble. 43 Tout le monde était très impressionné, car les apôtres accomplissaient beaucoup de prodiges et de signes miraculeux. 44 Tous les croyants vivaient unis entre eux et partageaient tout ce qu’ils possédaient. 45 Ils vendaient leurs propriétés et leurs biens et répartissaient l’argent entre tous, selon les besoins de chacun. 46 Tous les jours, d’un commun accord, ils se retrouvaient dans la cour du Temple ; ils rompaient le pain dans les maisons, et prenaient leurs repas dans la joie, avec simplicité de cœur. 47 Ils louaient Dieu, et le peuple tout entier leur était favorable. Le Seigneur ajoutait chaque jour à leur communauté ceux qu’il sauvait. »

Actes 2,41-47


Tout de suite, dès le moment du baptême de 3000 personnes au jour de la Pentecôte, les chrétiens "s'attachaient à ... rompre le pain". C'est une pratique qu'ils voyaient comme essentielle et cruciale ! En fait, Luc nous le redit plus loin : "ils rompaient le pain dans les maisons". Et cette idée de "rompre le pain" ne peut pas juste simplement faire allusion au fait de manger ensemble, car il dit juste après : "... et prenaient leurs repas dans la joie." La célébration de la Saint Cène était un sujet de joie et d'attachement de la plus haute importance pour l'église à l'époque des apôtres. Pourquoi ?


Voici trois choses que la Saint Cène n'est pas :

  1. Ce n'est pas une répétition du sacrifice de Jésus, comme le dit l'église catholique : la bonne nouvelle de Jésus, c'est qu'il s'est offert en sacrifice une fois pour toutes. "Tout est accompli !" cria-t-il à la croix (Jean 19,30). Il n'ya plus de sacrifices à faire !

  2. Ca ne transforme pas le pain et le vin en le corps et le sang réels de Jésus. Jésus est corporellement avec Dieu le Père au Ciel. Et il a dit aux apôtres avant d'aller auprès de son Père, "Vous ne me verrez plus" (Jean 16,10). Jésus est présent avec nous par son Esprit à tout moment - mais ce ne sera qu'au moment de son retour où il reviendra sur terre !

  3. Ce n'est pas une communication magique de la grâce ou de la faveur ou de la puissance de Dieu indépendamment de la foi de celui qui participe. Le fait de prendre le pain et le vin n'a aucun impact en soi : l'acte en lui-même ne change rien.

Pourquoi est-ce qu'ils "s'attachaient à ... rompre la pain" du coup ? Parce que la Sainte Cène est un cadeau de grande valeur que Jésus nous donne. Voici six raisons dont nous devrions nous attacher à célébrer la Saint Cène ensemble, et dont on devrait soupirer après le jour où on pourra le faire de nouveau ...

  1. Pour rendre visible et tangible un évangile invisible et intangible. Nous ne pouvons ni voir ni toucher ce que Jésus a fait pour nous. Mais dans la Saint Cène, Jésus nous donne une activité qui nous permet de voir, de toucher, de sentir et de goûter à notre salut. En mangeant le pain et en buvant le vin, c'est comme si nous savourons, nous délectons, nous régalons et nous souvenons ensemble de ce sacrifice que Christ a offert une fois pour toutes pour nous : notre foi est nourrie et notre joie est agrandie !

  2. Pour exprimer et nous rappeler notre dépendance de Christ et de sa mort à la croix. Tout comme nous dépendons des aliments pour vivre, nous exprimons et nous nous rappelons par notre célébration de la Sainte Cène que nous dépendons entièrement de Christ et de son oeuvre pour nous à la croix pour vivre spirituellement.

  3. Pour réaffirmer l'alliance intime et précieuse entre Dieu et nous. "Ceci est mon sang, par lequel est scellée l’alliance  : il va être versé pour beaucoup d’hommes," dit Jésus en Marc 14,24. Par son sacrifice Jésus a scellé une nouvelle alliance entre nous et Dieu : nous sommes son peuple pardonné et chéri, et il est notre Dieu. Nous lui appartenons et il nous appartient. Si le baptême est la porte d'entrée dans cette alliance, la Sainte Cène est la façon dont Dieu exprime de manière continue son amour et son engagement envers nous, et dont nous exprimons de nouveau notre appartenance à lui.

  4. Pour célébrer notre union, communion et unité en tant que corps de Christ. "Comme il n’y a qu’un seul pain, nous tous, malgré notre grand nombre, nous ne formons qu’un seul corps, puisque nous partageons entre tous ce pain unique" (1 Corinthiens 10,17). En mangeant le pain et le vin ensemble, nous nous réjouissons de notre union et communion en Christ en tant qu'église : nous sommes membres d'un seul corps. Et donc pendant que nous mangeons et buvons, nous nous regardons mutuellement ; nous remercions le Seigneur pour chacun de nos frères et soeurs pour qui Christ est mort ; et nous sommes appelés à nous réconcilier avec tous ceux que nous avons offensés ou qui nous ont offensés.

  5. Pour proclamer la mort du Seigneur jusqu'à ce qu'il revienne. "Donc, chaque fois que vous mangez de ce pain et que vous buvez de cette coupe, vous annoncez la mort du Seigneur, et ceci jusqu’à son retour" (1 Corinthiens 11,26). Par notre célébration de la Sainte Cène, nous annonçons publiquement et visiblement la mort de Christ et sa suprême valeur. Et nous sommes envoyés pour faire de même par nos vies entières.

  6. Pour fixer nos yeux sur le banquet céleste à venir. "... et ceci jusqu'à son retour," dit Paul. "Vraiment, je vous le déclare," dit Jésus  : "je ne boirai plus du fruit de la vigne jusqu’au jour où je boirai le vin nouveau dans le royaume de Dieu." En mangeant le pain et en buvant le vin ensemble, nous vivons un petit avant-goût précieux du repas des noces de l'Agneau (Apocalypse 19,6-8), où nous serons rassemblés à la table du Roi avec la foule immense de tous ceux qui auront cru en Christ, et nous mangerons et nous boirons avec lui et les uns avec les autres. La Saint Cène nous permet de ne plus fixer nos yeux sur ce monde et sur tout ce qu'il nous promet, mais sur cet avenir glorieux que Dieu a préparé pour nous et pour la gloire de son Fils.

La Sainte Cène est un cadeau de grande valeur, car elle nous permet d'être un communauté d'espérants centrée et fondée sur la croix de Jésus avec les yeux fixés sur son retour.


C'est un cadeau précieux, car il est réservé à ceux qui sont baptisés en tant que croyants - à ceux qui ont signalé par le baptême leur entrée dans l'alliance entre Jésus et son peuple. Et c'est un cadeau réservé à ceux qui sont en bonne communion avec les autres membres du corps de Christ, car, comme on a déjà vu, ce cadeau exprime notre union et communion les uns avec les autres (1 Corinthiens 11,27-32).


Soupirons donc après le jour où on pourra la célébrer ensemble de nouveau. Et soupirons encore plus après le jour où on pourra manger ensemble avec Jésus lors des noces de l'Agneau dans une création renouvelée.


Famille de Dieu : attachons-nous à rompre le pain !

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