Cantiques pour la route vers la demeure de l’Eternel (4)


Psaume 123

Cantique pour la route vers la demeure de l’Eternel.

1 Je lève les yeux vers toi, toi qui sièges dans les cieux.

Oui, comme les serviteurs |fixent leurs regards sur la main du maître, comme la servante |fixe ses regards |sur la main de sa maîtresse[b], ainsi nos regards se tournent |vers l’Eternel, notre Dieu, dans l’attente qu’il nous fasse grâce.

Fais-nous grâce, ô Eternel ! |Manifeste-nous ta compassion ! Car nous sommes saturés |du mépris qu’on nous témoigne. Oui, nous sommes saturés des railleries des repus |et du mépris des hautains.


Notre série de la semaine nous amène aujourd'hui au psaume 123. C'est la 4e étape du parcours de notre pèlerin en route vers la maison de Dieu.


Le psaume 123 fait partie d'un ensemble de 15 psaumes qu'on appelle les psaumes des montées.


Lorsque les fidèles partaient au temple pour célébrer les 3 fêtes annuelles du calendier juif, ils entonnaient cescantiques. Chaquecantiquemarquait certes une étape particulière de leur voyage vers Jérusalem mais ces 15 chants récapitulaient surtout l'expérience de tout un peuple dans sa marche avec Dieu.


Aujourd'hui, ces poèmes nous rappellent les étapes successives qu'il nous faut traverser avec nos frères et soeurs, jusqu'à ce que nous arrivions dans la présence de Dieu pour toujours.


1. Les étapes du pélerinage

Rappelons-nous d'abord les 3 premières étapes du pèlerin en route vers la maison de Dieu.

Dans le Psaume 120, il se sent loin du Temple. La route est dure. Il crie à Dieu pour recevoir son secours. 

Au Psaume 121, il lève les yeux et invoque l'Eternel. Il reçoit alors l'aide qui lui faut pour poursuivre sa route avec assurance car Dieu le protège. 

Dans le Psaume 122, le voyageur est tout joyeux. Il arrive enfin à Jérusalem. Là, il va adorer Dieu avec ses frères et soeurs.

On aurait pu penser que les Psaumes suivants seraient de grands Psaumes de célébration. 

Il n'en est rien. Notre pèlerin traverse des moments difficiles. 

Il a vécu des joies profondes dans la louange, dans la communion fraternelle. Il se retrouve maintenant dans un creux de vague. 

Vous avez déjà vécu cela ?

Le prophète Elie avait jadis connu ce genre d'expérience après l'éclatante victoire contre les prophètes de Baal au Mont Carmel. Le feu était tombé du ciel et avait consumé son sacrifice. (1 Rois 18, 25-41)

Il était au top. 

Il n'a pourtant fallu qu'une menace de Jézabel pour le plonger dans un profond découragement. (1 Rois 19)

Dans notre marche avec Dieu, des moments d'intenses joies peuvent parfois être suivis de fatigues, de doutes et de tristesse.

Voyons ensemble comment notre pèlerin a vécu cette étape.


2. L'épreuve du pèlerin

Contrairement à ce qu'on fait d'habitude, je vais commencer la méditation du psaume 123 par la fin.

Aux versets 3 et 4, l'auteur exprime son désarroi.

Il subit la raillerie de ceux qui l'entourent.

"nous sommes saturés du mépris qu’on nous témoigne.

Oui, nous sommes saturés des railleries des repus et du mépris des hautains." (v.3-4)

Il dit qu'il en a marre. Il n'en peut plus. Il est saturé. Une goutte de plus et le vase déborde. 

Dans son cheminement spirituel, le peuple du Seigneur doit souvent affronter l'opposition de ceux qui ne connaissent pas l'Eternel.

Nous nous souvenons des moqueries de Samballat et Tobya au moment où le peuple reconstruisait les murailles de Jérusalem à l'époque de Néhémie. 

« Que font ces juifs impuissants ? (…) Redonneront-ils vie à des pierres ensevelies sous des monceaux de poussière et incendiées ? (…) Qu’ils bâtissent seulement ! Si un renard s’élance, il fera une brèche dans leur muraille de pierre. » (Né 3.34-35) 

La route qui mène vers la maison de Dieu est parsemée d'obstacles.

Jésus a prévenu ses disciples : "Dans ce monde vous aurez des tribulations mais prenez courage car moi j'ai vaincu le monde." (Jean 16, 33)

L'apôtre Paul a pu témoigner de la véracité des paroles de Jésus. Après avoir été lapidé et laissé pour mort, il a dit : "C'est par beaucoup de tribulation qu'il nous faut entrer dans le royaume de Dieu". (Actes 14, 22)


3. La prière du pèlerin

Notre pèlerin voit d'abord le problème chez les autres. Ce sont eux qui sont injustes. Il a raison. Ceux qui méprisent le peuple de Dieu agissent mal.

Mais remarquez ce qui se passe dans le coeur du voyageur ridiculisé.

Il commence à prier et Dieu lui montre qu'il n'y a pas que ceux qui le méprisent qui pèchent. 

Quand on prend du temps dans la présence de Dieu en prière, quelque chose se passe dans notre propre coeur.

L'Esprit de Dieu nous sonde.

Dieu a travaillé le coeur du pèlerin. 

Il implore la miséricorde de Dieu pour lui et ses frères et soeurs. 

Il sait qu'il a besoin que Dieu lui fasse grâce. 

Il est aussi un pécheur.

Nous avons absolument besoin, nous aussi, de la grâce du Seigneur pour avancer. Sans le pardon des péchés, pas de pélerinage vers la maison de Dieu.

C'est lui qui nous a mis en route. C'est avec lui que nous progressons. C'est encore par sa puissance que nous atteindrons le but.


"3 Fais-nous grâce, ô Eternel ! Manifeste-nous ta compassion !"


Le Dieu de la Bible est un Dieu de grâce.

Sa grâce culmine dans la personne de Jésus-Christ.

En lui nous obtenons grâce sur grâce. 

La grâce et la vérité sont en lui. (Jean 1, 16)

Jésus est venu dans un corps comme le nôtre et a épousé la condition humaine parfaitement, sauf pour le péché. 

Il a été compatissant. 

Le mot compassion veut dire souffrir avec. 

C'est exactement ce que le Fils de Dieu est venu accomplir sur la croix. Il a souffert avec nous et pour nous.

Pouvait-il manifester une compassion plus grande ?


4. La solution du pèlerin

Le psaume 121 nous avait montré un fidèle éprouvé qui avait lui aussi levé les yeux. Mais au début, il ne les avait pas lever assez haut. Le secours se trouve bien plus haut que les montagnes.

Dans le psaume 123, tout de suite, le pèlerin regarde vers Dieu.

Remarquez la vision qu'il a de Yahwé.

Pour lui, Dieu est un roi.

Il siège dans le Ciel.

Il voit aussi Dieu comme un Maître à qui on doit respect et obéissance.

Du coup, lui se voit comme un sujet du roi, un serviteur, soumis à sa Parole. 

Son regard vers Dieu exprime sa foi. Il s'attend à lui avec confiance.

Le pèlerin fixe des yeux la main généreuse de son Maître qui va intervenir en sa faveur.


"Non la main de l'Eternel n'est pas trop courte pour sauver ni son oreille trop dure pour entendre..." (Esaïe 59, 1)


La main meurtrie du Seigneur Jésus pardonne encore aujourd'hui toutes nos fautes. Elle nous redonne courage malgré l'opposition. Elle nous relève et nous remet en route.  

En face du mépris et confronté à l'adversité, reconnaissons notre besoin de Jésus.

Prions-le de toucher nos ennemis mais demandons-lui de nous faire grâce à nous aussi. 

Levons des yeux confiants vers lui et attendons de sa main secours, provision et force pour continuer le voyage.

Amen.

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